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Radio Pieds-noirs

Mes frères les Harkis

J'en ai plein mon coeur des souvenirs

 

J'en ai plein mon coeur des souvenirs


On s'amusait avec des riens et l'on y passait des heures ! Mais qui se souvient des billes en terre et des billes en verre dites  "billes agathe" que l'on achetait chez Madame Boyer ?  

Quand c'était la saison on jouait avec des noyaux d'abricots que l'on appellait "Pignols". Qui n'avait pas son sac de pignols ? On faisait des concours aux bords d'un mur pour le plus grand plaisir des participants mais aussi des spectateurs.

Assis sur le trottoir au pied de l' évacuation  d'une descente de gouttière, j'ai passé des instants inoubliables où je gagnais et perdais des pignols. Je me souviens : mon cousin Jean-Claude TOUL était un champion.

A l' école on n'avait pas le droit de jouer au ballon, cependant on avait le pitchak cette balle constituée de rondelles de chambre à air de bicyclette. Là encore les parties de pitchak qui se disputaient dans les cours de récréation ne manquaient pas d'ambiance.

On jouait aussi avec "les platicos" qui n'étaient autres que des capsules de bouteilles de soda, bière, coca cola... etc.

A Pâques c'était pour beaucoup la traditionnelle Mouna que l'on allait manger à Misserghin pendant que l'on faisait voler la BILOTCHA.

La BILOTCHA c'était le cerf-volant des Pieds-Noirs que chacun confectionnait et décorait à sa manière. Quelques roseaux entaillés, quelques bouts de ficelle, du papier kraft, un peu de colle que nous faisions nous-même avec de la farine et de l'eau et quelques bandes de vieux chiffons pour faire la queue de la bilotcha. La subtilité consistait de doser la longueur de la queue en fonction de la vitesse du vent. Si le cerf-volant dansait c'est que la queue était trops courte et qu'il fallait en rajouter. Mais une fois qu'il voguait dans les cieux quel plaisir de le sentir au bout du fil et d' être à la fois si loin et si proche de lui.

De l'autre côté de la rue de Tlemcen, face au stade Magenta mes amis Jean et Lucien HUGON qui habitaient au quatrième avaient attaché un cerf-volant en permanence à leur balcon. 

Il y avait aussi le jeu de la toupie en bois que l'on faisait tourner en lui enroulant une ficelle autour pour lui imprimer un mouvement de rotation. Mais là je n'avais pas le coup tandis que Lucien HUGON excellait à ce jeu.

En ce temps là les consoles de jeux n' existaient pas et les gens n'en avaient pas besoin pour jouer à la guerre.

Raymond Arias




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